Ecoute et partage de la parole avec Bernie Krause
Durée
> 20 min
Description
Bernie Krause est un bioacousticien qui enregistre des paysages sonores depuis 1960. Il cherche, en tant que musicien et compositeur, à saisir comment les animaux communiquent et partagent ce qu’il appelle “le temps de parole”, c'est-à-dire, comment ils composent avec ce qui les entoure ? Comment ils créent de l’accord ? Comment s'agencent-ils les uns avec les autres ? Ou pour le dire autrement : comment est-ce qu'ils s’accordent ensemble ?
+ Chacun.e s’installe dans une position d’écoute et ferme les yeux : Territoire n°1 : KM41 Amazon dans Le Grand Orchestre des Animaux | Les territoires de Bernie Krause (soundcloud.com)
+ Après l’écoute, on se demande : “Est-ce qu’on a une idée du lieu ? Du moment de la journée ? Est-ce qu’on a reconnu certains animaux ? Si oui, lesquels ?”
+ On découvre les sonogrammes dans le livre du Grand Orchestre des Animaux avec les différentes niches sonores.
“Un oiseau, un insecte ou un batracien chante d’abord, puis, quand il s’est tu, viens le tour des autres”. Ce que Bernie Krause nomme “partage du temps de parole” est rendu particulièrement lisible, pour nous, sur les sonogrammes sous la forme d’un ensemble dont on distingue clairement la succession de créneaux : chaque participant - oiseau, batracien, insecte et mammifère - occupe une niche sonore, spatiale, temporelle et fréquentielle. Et cet agencement créateur raconte une histoire.”
Vinciane Despret
Nous cherchons d’autres modes d’attention pour retrouver des formes d’expression et d’écoute qui nous rendent sensibles à la multiplicité des manières d’êtres qui composent notre terrain de vie. Ces exercices d’écoute cultivent notre curiosité pour d’autres intérêts et nous placent dans une position d’attention. L’idée est de mobiliser ces états de présence et de disponibilité pour se rendre sensible et échapper à la sidération qui paralyse l’action. La philosophe Vinciane Despret poursuit cette quête de la composition sonore des oiseaux sur la notion de silence qui importe dans leur communication :
“Le bioacousticien Thierry Aubin m’a raconté, il y a quelque temps de cela, que pendant des années il a étudié le chant de l’alouette des champs pour essayer de comprendre ce qui, dans celui-ci, codait de l’information destinée au congénères. Il avait donc enregistré des alouettes et il a, comme on le fait lorsqu’on étudie le chant des oiseaux avec ce type de question, repassé ces chants aux voisins et voisines de l’alouette qui avait chanté. Pour savoir ce qui était réellement significatif dans ce chant, il a commencé à faire varier les séquences enregistrées. Si la réponse des voisins et voisines s’avérait différente en fonction de l’une ou l’autre de ces variations, cela signifierait que ce qui avait fait l’objet d’une modification était donc important et contenait une des significations du chant. Il a donc modifié les fréquences. Rien ne s'est passé. Puis l’intensité. A nouveau, rien ne s’est passé. Et la puissance. Et le rythme. Et la hauteur. Rien ne changeait. Les voisins et les voisines de l’alouette répondaient toujours de la même manière. Pendant dix ans, les scientifiques ont œuvré.
Puis, un jour, le bioacousticien a modifié le silence qui espaçait les séquences et les notes. Et là, les alouettes ont répondu tout autrement. Ainsi, raconte Thierry Aubin, il nous a fallu dix ans, dix ans pour comprendre que ce qui importait dans le chant de l’alouette des champs, c’était le silence.”
Pendant le projet-pilote, Chantal Latour a proposé un paysage sonore avec une mise en récit de son enquête sur le silence. Nous aimerions poursuivre cette recherche avec celles et ceux qui le souhaitent. Si cette forme de mise en partage vous intéresse, vous pouvez commencer à collecter des sons qui caractérisent votre enquête : comment sonne mon terrain de vie ? Quels sont les sons qui le composent ?
+ Chacun.e s’installe dans une position d’écoute et ferme les yeux : Territoire n°1 : KM41 Amazon dans Le Grand Orchestre des Animaux | Les territoires de Bernie Krause (soundcloud.com)
+ Après l’écoute, on se demande : “Est-ce qu’on a une idée du lieu ? Du moment de la journée ? Est-ce qu’on a reconnu certains animaux ? Si oui, lesquels ?”
+ On découvre les sonogrammes dans le livre du Grand Orchestre des Animaux avec les différentes niches sonores.
“Un oiseau, un insecte ou un batracien chante d’abord, puis, quand il s’est tu, viens le tour des autres”. Ce que Bernie Krause nomme “partage du temps de parole” est rendu particulièrement lisible, pour nous, sur les sonogrammes sous la forme d’un ensemble dont on distingue clairement la succession de créneaux : chaque participant - oiseau, batracien, insecte et mammifère - occupe une niche sonore, spatiale, temporelle et fréquentielle. Et cet agencement créateur raconte une histoire.”
Vinciane Despret
Nous cherchons d’autres modes d’attention pour retrouver des formes d’expression et d’écoute qui nous rendent sensibles à la multiplicité des manières d’êtres qui composent notre terrain de vie. Ces exercices d’écoute cultivent notre curiosité pour d’autres intérêts et nous placent dans une position d’attention. L’idée est de mobiliser ces états de présence et de disponibilité pour se rendre sensible et échapper à la sidération qui paralyse l’action. La philosophe Vinciane Despret poursuit cette quête de la composition sonore des oiseaux sur la notion de silence qui importe dans leur communication :
“Le bioacousticien Thierry Aubin m’a raconté, il y a quelque temps de cela, que pendant des années il a étudié le chant de l’alouette des champs pour essayer de comprendre ce qui, dans celui-ci, codait de l’information destinée au congénères. Il avait donc enregistré des alouettes et il a, comme on le fait lorsqu’on étudie le chant des oiseaux avec ce type de question, repassé ces chants aux voisins et voisines de l’alouette qui avait chanté. Pour savoir ce qui était réellement significatif dans ce chant, il a commencé à faire varier les séquences enregistrées. Si la réponse des voisins et voisines s’avérait différente en fonction de l’une ou l’autre de ces variations, cela signifierait que ce qui avait fait l’objet d’une modification était donc important et contenait une des significations du chant. Il a donc modifié les fréquences. Rien ne s'est passé. Puis l’intensité. A nouveau, rien ne s’est passé. Et la puissance. Et le rythme. Et la hauteur. Rien ne changeait. Les voisins et les voisines de l’alouette répondaient toujours de la même manière. Pendant dix ans, les scientifiques ont œuvré.
Puis, un jour, le bioacousticien a modifié le silence qui espaçait les séquences et les notes. Et là, les alouettes ont répondu tout autrement. Ainsi, raconte Thierry Aubin, il nous a fallu dix ans, dix ans pour comprendre que ce qui importait dans le chant de l’alouette des champs, c’était le silence.”
Pendant le projet-pilote, Chantal Latour a proposé un paysage sonore avec une mise en récit de son enquête sur le silence. Nous aimerions poursuivre cette recherche avec celles et ceux qui le souhaitent. Si cette forme de mise en partage vous intéresse, vous pouvez commencer à collecter des sons qui caractérisent votre enquête : comment sonne mon terrain de vie ? Quels sont les sons qui le composent ?
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